Ma lettre au Père Noël

Cher Père Noël,

J’espère que tu vas bien et que tu n’es pas trop débordé. J’espère également que tu as passé une aussi belle année que possible, malgré tout ce qu’il se passe un peu partout, j’imagine que tu dois aussi avoir du mal à y voir clair dans le coeur de certains hommes…

Pour ma part, je n’ai rien de personnel à te demander. J’ai tout ce qu’il me faut, et bien plus… L’année qui vient de s’écouler restera parmi les plus belles et j’en prends conscience chaque jour.

Par contre, de plus en plus de choses et d’évènements m’échappent. La souffrance grandit, la violence est quotidienne et le mensonge est devenu légion.

Cher Père Noël, ne te méprend pas, je ne viens pas de découvrir tout cela aujourd’hui, c’est l’ampleur des dégâts que cela cause qui m’inquiète.

De là où tu es, tu ne dois pas forcément te rendre compte de tout ce qu’il se passe, même si je sais très bien qu’en tant que Père Noël tu te dois de rester « branché ». Je vais tout de même te faire un rapide topo :

  • Une fatigue générale s’est emparée de bon nombre de mes concitoyens. Les policiers, le personnel soignant, les pompiers, les enseignants, les taxis, les VTC, le personnel pénitentiaire, les facteurs, les agriculteurs et j’en oublie certainement… Tous ces gens n’arrivent plus à travailler dans des conditions décentes en plus de ne pas gagner suffisamment leur vie.
  • Notre climat devient irrespirable. On nous impose alors des circulations automobiles dites « alternées » là où nos bus, nos avions et nos usines continuent de fonctionner à plein régime. On nous ferme des quartiers entiers à la circulation, sans contrepartie aucune (à part un vélo, très pratique lorsqu’on habite à 50 km de Paris et que l’on transporte un sac de 10 kg !), ce qui a pour conséquences d’en engorger d’autres en embouteillages et bien sûr en pollution. Heureusement, je n’habite plus à Paris depuis longtemps, mais j’y travaille encore et ces jours là, je te jure qu’il faut savoir garder son calme et sa bonne humeur.
  • Le monde du journalisme devient fou. Le parti pris et la désinformation ont pris le pas sur tout le reste. Alors autant nous pouvons changer de chaîne quand un programme ne nous plait pas grâce à nos formidables bouquets tv, autant trouver une chaîne d’infos impartiale est impossible. On nous vend des dictateurs à la pelle dirigeants les plus grandes puissances mondiales, et on signe des contrats mirobolants avec certains pays n’ayant pas l’ombre d’une miette de respect envers leurs citoyens. On diabolise des personnes et des idées, on colporte des rumeurs, on met en avant et durant des jours le vol de bijoux d’une « star planétaire » de tv-réalité, on agresse des invités, on les interrompt, on fonctionne avec des sondages plusieurs fois par jour, et même si ces derniers sont toujours à côté de la plaque, on continue ! En gros on nous explique ce qu’il faut penser et comment il faut faire…
  • Notre monde politique se ridiculise chaque jour un peu plus. Entre les mensonges, les effets d’annonces, les rétropédalages et les petites phrases envoyées à qui veut bien y répondre le plus cyniquement possible, je ne sais plus quoi penser. En 10 ans, tout ce charmant petit monde aura réussi à me faire avoir des boutons rien qu’en entendant les mots laïcité, amalgame et démocratie. On en est arrivé à un point où les crèches de Noël ne peuvent plus comporter d’éléments religieux, tu te rends compte ? Et encore, ce n’est qu’un tout petit exemple. Je me demande dans combien de temps les sapins et guirlandes, bûches et boules seront interdits ! 

Je ne te parle pas du manque de respect ambiant, des tarés s’estimants supers héros à bord de leur super voiture super puissante et super clignotante, de certains parents tellement démissionnaires que ce sont leurs enfants qui font la loi. Je ne te parle pas non plus du nombre d’étudiants ayant pour seul objectif de partir s’accomplir à l’étranger, d’antennes du Secours Populaire qui se font cambrioler à une semaine de Noël et de Michel Polnareff qui fête sa sortie d’hôpital au bar d’un hôtel en buvant du Champagne.

Cher Père Noël, je pourrais continuer comme ça sur des lignes et des lignes mais je pense que tu as compris ce qui me préoccupe aujourd’hui.

Je ne sais pas si l’approche de mon cinquantième anniversaire me pousse à faire ce bilan inquiétant mais ce dont je suis sûre, c’est que les choses ne vont pas dans le bon sens. Pour tout te dire, je pense même que nous allons droit dans le mur, tant politiquement, qu’humainement. 

Je suis inquiète pour mes futurs petits enfants et pour les générations suivantes. Par chance, ma fille vit au Canada depuis 3 ans maintenant, et j’espère bien qu’elle y restera pour sa sécurité et son bien être.

Cher Père Noël, ce que je souhaite te demander aujourd’hui c’est de faire ton possible pour rendre heureux ceux qui croient en toi, ceux qui ont su garder une âme d’enfant, les bienveillants et les aimants. Voilà, c’est tout ce que je souhaite et ce, au risque de paraître un peu nunuche.

Raphaëlle, femme française, catholique et fière de l’être !

L'Univers de Raphaëlle

One thought on “Ma lettre au Père Noël

  • Ma lettre au Père Noël
    Père Noël, j’avais envie de t’écrire cette lettre,
    Devant ma page blanche, comme la neige,
    Les cris de ce monde où l’enfant va naître.
    Font tourner mon cœur d’un étrange manège.

    Tu sais, je ne te demanderai pas de cadeaux,
    Enfin, pas ceux que te commandent les enfants,
    Parce que le quotidien n’accorde pas le même lot,
    Pour un mot écrit vers toi, des maux qui crient dans le néant.

    Pourquoi je t’envoie cette petite missive ?
    Pour te dire, au moment où tu t’apprêtes à venir,
    Que notre terre devient de plus en plus aride,
    Altérée de sentiments qui hypothèquent son avenir.

    Père Noël, parmi les Hommes, je ne suis qu’un grand enfant.
    Quand l’innocence est blessée, le monde devient moins beau.
    Pourrais-tu le changer, au moins pour…longtemps ?
    Non pas entièrement, non, mais juste ce qu’il faut.

    Dessine sur tes présents embarqués, indélébile la trace
    D’un arc-en-ciel de lumières éternelles d’un monde nouveau.
    Comme par magie, sur ce ruban, l’Amour trouvera sa place,
    Pour nous rappeler que les Hommes naissent libres et égaux.

    Ô !, tu reconnaîtras facilement les laisser pour compte,
    Là, où niche l’indifférence, tu entendras pleurer la solitude,
    Alors, emporte à jamais la misère, souvent mère de la honte,
    Afin que le malheur ne s’installe pas, en fils de l’habitude.

    Sur la chaîne de solidarité, des maillons nous ont quittés.
    Ces joailliers, fondateurs d’un monde sans cœur de pierre,
    Humbles défenseurs de l’essentiel, n’est-ce pas l’Abbé,
    Comme cette rose qui, de tous ses printemps a parfumé la terre.

    Là-bas, une terre brûlée où la guerre jamais ne désarme.
    Difficile de puiser des rêves, dans le rouge d’un encrier,
    D’écrire sur une page blanche, imprégnée de larmes,
    D’imaginer ce jour où la colombe reviendra sur l’olivier.
    Sur ta route, tu croiseras Léonie, Mohamed, David,
    Tu verras dans leurs yeux, pour avoir trop pleuré,
    Par manque d’Amour et de paix, un regard vide.
    Dis-leur que jamais plus, les bombes, de mort seront chargées.

    Que sur cette terre, Père Noël, les fleurs remplaceront le feu.
    Partout, de bucoliques parterres recouvriront la mitraille,
    Espoir aux couleurs plurielles sublimant le vœu,
    Dis-leur Père Noël, dis-leur afin que le soldat s’en aille.

    Père Noël, sous le drapeau de la dilection,
    Entendre battre le cœur de la raison,
    Par un poème ou une chanson,
    Toujours, à l’indifférence, répondre non.

    Père Noël, tu es notre avenir,
    L’avenir de notre Amour,
    Ton Amour pour sourire,
    Un sourire, pour toujours.

    Claude Yves Bailly

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